Carte des cognassiers : où cueillir des coings près de chez vous

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Le cognassier est l'arbre qu'on sent avant de le voir. En octobre, un seul coing posé sur un meuble parfume la pièce pendant des semaines, et l'arbre qui l'a porté dort souvent au fond d'un verger que plus personne ne récolte. Frux est la carte collaborative qui recense les cognassiers, espèce par espèce, avec la saison de récolte. Voici où chercher le cognassier (Cydonia oblonga), quand cueillir les coings, pourquoi ils ne se croquent pas, et ce que dit la loi.

Où trouver des cognassiers en libre accès ?

Venu du Caucase et des rives de la Caspienne, le cognassier est cultivé partout en France depuis des siècles. Il ne pousse vraiment seul que dans le Midi, où il s'est naturalisé. Ailleurs, on le trouve là où quelqu'un l'a planté et oublié. Les meilleurs coins :

les anciens vergers et les jardins abandonnés autour des fermes et des hameaux, où le cognassier survit sans soin pendant des décennies.
les haies de limite, où il a longtemps servi de borne vivante entre deux parcelles, en Gascogne notamment.
les bords de cours d'eau et les fossés, qu'il apprécie pour leur fraîcheur, surtout dans le Sud.
les talus et les abords de bâtiments ruraux, où un arbre bas et tortueux, chargé de gros fruits jaunes, passe rarement inaperçu en automne.

C'est exactement ce que cartographie Frux : chaque arbre est ajouté par un glaneur, avec l'espèce et sa position, pour que les coings finissent en gelée plutôt qu'au sol.

Quand cueillir les coings ?

En France, les coings se cueillent en octobre et novembre. Le fruit reste vert et cotonneux tout l'été, puis vire au jaune doré et se met à embaumer. C'est le signe. On cueille alors, avant les fortes gelées qui abîment la chair, en tournant le fruit sur son pédoncule plutôt qu'en tirant, car le bois casse facilement. La fenêtre est indicative et nationale : dans le Midi la récolte commence plus tôt, en altitude on surveille le gel. Le coing ne se mange pas cru : sous nos climats il reste dur, acide et très astringent, et sa chair grenue crisse sous la dent. Il se cuit, et c'est là qu'il devient exceptionnel : gelée de coing, pâte de coing, cotignac, compote, ou au four avec un peu de miel. On frotte le duvet avant de le préparer, puis on retire le cœur et les pépins. Comme ceux de la pomme, ils contiennent des composés qui libèrent du cyanure : on les retire, on ne les mange pas. Riche en pectine, le coing fait prendre les gelées tout seul, bien avant que la pectine se vende en sachet : c'est la raison de sa place dans tant de confitures anciennes, et du nom même de la marmelade, qui vient du portugais marmelo, le coing. Pour situer le coing parmi les autres récoltes du moment, voyez notre calendrier des récoltes.

Comment reconnaître un cognassier ?

Un petit arbre de 2 à 7 m, souvent tortueux, au tronc court et au port étalé, sans épines. Les jeunes rameaux sont couverts d'un duvet. Les feuilles sont ovales à arrondies, entières, c'est-à-dire sans dents, vertes et lisses dessus, blanchâtres et duveteuses dessous. En mai, après les feuilles, s'ouvrent de grandes fleurs blanc rosé de 4 à 5 cm, solitaires au bout des rameaux, là où le pommier et le poirier fleurissent en bouquets. Le fruit, le coing, est gros, en forme de poire ou de pomme selon la variété, couvert d'un duvet cotonneux, jaune et très odorant à maturité. Dans la chair, cinq loges renferment chacune une dizaine de pépins entourés d'un mucilage. Vous croiserez aussi ses cousins le poirier et le pommier, dans les mêmes vergers abandonnés.

Cognassier, poirier sauvage ou cognassier du Japon ?

Aucun sosie dangereux n'est connu au cognassier. Les confusions possibles portent sur des arbres de la même famille, dont les fruits durs se cuisinent eux aussi, sans danger connu. Elles se règlent en regardant le fruit, les feuilles et les rameaux :

Le test au pied de l'arbre : un gros fruit jaune cotonneux qui embaume, des feuilles entières blanches dessous, un rameau sans épine, et une fleur seule au bout de chaque pousse au printemps. Un fruit lisse ou un rameau épineux n'est pas un cognassier.

Prudence, comme toujours. Le référentiel Frux ne connaît pas de sosie dangereux au cognassier, et les arbres avec lesquels on peut le confondre donnent tous des fruits qui se cuisinent. La règle du cueilleur ne change pas : on ne consomme que ce qu'on a identifié soi-même avec certitude, on retire les pépins, on lave sa cueillette, et on évite les abords de routes passantes et les parcelles traitées. Frux n'identifie pas les plantes à votre place : lisez ce que Frux garantit, et ce qu'il ne garantit pas.

A-t-on le droit de cueillir des coings ?

Les fruits appartiennent au propriétaire du sol où l'arbre est planté (code civil, article 547). En pratique : cueillette familiale généralement tolérée sur le domaine public, les vergers communaux et les bords de chemins. Accord du propriétaire indispensable sur un terrain privé, et un jardin abandonné reste un terrain privé, même quand plus personne n'y entre. Les branches d'un arbre privé qui dépassent sur la rue restent à lui. Le ramassage des fruits tombés après récolte relève de la tolérance du glanage. Détails, textes et bonnes pratiques : le glanage et la loi en France.

La carte collaborative des cognassiers

Frux arrive sur Android : une carte contribuée où chaque cognassier repéré est partagé avec les glaneurs du coin, avec sa saison et son état. Les premiers arbres publics sont déjà recensés, et c'est votre quartier qui complétera la carte.

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Sources

  • Cognassier, petit arbre de 5 à 8 m, fruit cotonneux jaune doré, dur et astringent cru, naturalisé dans le Midi, haies et bords de cours d'eau, limites de parcelles en Gascogne, Wikipédia
  • Coing, chair à cellules pierreuses, richesse en pectines, gelées, pâtes et cotignac, mucilage des pépins, Wikipédia
  • Cydonia oblonga dans la flore de Coste, arbuste tortueux sans épines, feuilles entières blanchâtres-tomenteuses en dessous, fleurs grandes et solitaires, floraison en mai, fruit cotonneux très odorant à saveur très âpre, haies et bords des cours d'eau du Midi, Tela Botanica
  • Quince, feuilles duveteuses dessous, fleurs solitaires après les feuilles, cueillette en fin d'automne avant les premières gelées, pépins à nitriles libérant du cyanure d'hydrogène, pectine qui baisse à maturité, marmelade et marmelo, Wikipédia (en)
  • Amygdaline, teneur du pépin de pomme, Wikipédia
  • Pyrus communis dans la flore de Coste, arbre épineux, feuilles à la fin glabres et luisantes, fruit de 3 à 4 cm, haies et bois de toute la France, Tela Botanica, et poirier sauvage, rameaux parfois terminés en épine, fruits âpres, Wikipédia
  • Cognassier du Japon, arbrisseau armé de longues épines, fleurs rouge écarlate ou rose de février à avril, fruit de 3 à 4 cm très odorant, consommé cuit, Wikipédia, et genre Chaenomeles, arbustes épineux de 1 à 3 m, fruits durs, feuilles dentées sans duvet, fleurs en groupes, plus de pectine que le coing, Wikipédia (en)