Où cueillir des arbouses ? La carte des arbousiers
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L'arbousier est l'arbuste des maquis et des sols acides du Midi. Il a une singularité : à l'automne, il porte à la fois ses fleurs en clochettes et les fruits rouges de l'année précédente, qui ont mis un an à mûrir. On l'appelle aussi arbre aux fraises, mais l'arbouse n'a de la fraise que la couleur : sa chair est farineuse, et on n'en mange que quelques-unes. Frux est la carte collaborative qui recense les arbousiers, espèce par espèce, avec la saison de récolte. Voici où chercher l'arbousier (Arbutus unedo), quand cueillir ses arbouses et combien en manger, comment le reconnaître, et ce que dit la loi.
Où trouver des arbousiers en libre accès ?
À l'état sauvage, l'arbousier pousse presque exclusivement sur des sols siliceux, acides et bien drainés, au soleil. Il accompagne souvent le chêne-liège. Les meilleurs coins :
Rustique jusqu'à −15 °C, il se plante bien au-delà de son aire sauvage. C'est exactement ce que cartographie Frux : chaque arbre est ajouté par un glaneur, avec l'espèce et sa position, pour retrouver l'arbousier d'une année sur l'autre et savoir d'emblée ce qu'il porte.
Quand cueillir les arbouses ?
En France, les arbouses se cueillent d'octobre à décembre. Le fruit met un an à mûrir, et il rougit pendant que l'arbuste fleurit pour l'année suivante : la même branche porte des clochettes blanches et des fruits. On cueille ceux qui sont rouge orangé, à chair molle. Mûre, l'arbouse s'abîme facilement. Elle se transporte mal, et se mange ou se cuisine vite. La fenêtre est indicative et nationale. Pour situer cette récolte parmi celles du moment, voyez notre calendrier des récoltes.
On n'en mange que quelques-unes crues. Selon Pline l'Ancien, le nom latin unedo vient de ce qu'on n'en mange qu'une (« unum edo »). La chair est molle, un peu farineuse, acidulée et sucrée, pleine de petits pépins, et souvent décrite comme fade. Consommées crues en quantité excessive, les arbouses peuvent provoquer des coliques et des vomissements. La règle Frux : on en goûte quelques-unes sur place, et le reste part en confiture, en marmelade ou en liqueur. Fermentées, elles donnent aussi une eau-de-vie, le medronho des Portugais.
Comment reconnaître un arbousier ?
Un arbuste de quelques mètres, qui peut devenir un petit arbre de 8 à 12 m. Ses jeunes rameaux sont rouges, et l'écorce, gris brunâtre à la base, rougit sur le haut des branches. Les feuilles sont persistantes, alternes, ovales, dentées en scie, coriaces, d'une dizaine de centimètres, vert foncé luisant dessus et plus pâles dessous. Les fleurs blanchâtres, vertes au sommet, sont des clochettes réunies en grappes pendantes, d'octobre à janvier. Le fruit est une baie ronde de 1,5 à 2 cm, à la peau hérissée de petites pointes, rouge orangé à maturité.
Peut-on confondre l'arbousier ?
Le référentiel Frux ne déclare aucun sosie dangereux pour l'arbousier. Cela ne dispense pas de regarder l'arbuste avant le fruit. Une baie rouge cueillie sur un autre arbuste n'est pas une arbouse, même sous des feuilles persistantes.
Le test au pied de l'arbuste : de jeunes rameaux rouges, des feuilles persistantes dentées en scie, des grappes de clochettes blanchâtres à l'automne, et des baies rondes hérissées de petites pointes. C'est un arbousier.
A-t-on le droit de cueillir des arbouses ?
Les fruits appartiennent au propriétaire du sol où l'arbre pousse (code civil, article 547). En pratique : cueillette familiale généralement tolérée sur le domaine public et les bords de chemins communaux. Accord du propriétaire indispensable pour un arbre de jardin ou de parcelle privée. On cueille à la main, sans casser de rameaux. Détails, textes et bonnes pratiques : le glanage et la loi en France.
La carte collaborative des arbousiers
Frux est sur Android : une carte contribuée où chaque arbousier repéré est partagé avec les glaneurs du coin, avec sa saison et son état. Les premiers arbres publics sont déjà recensés, et c'est votre quartier qui complétera la carte. Sur iPhone, laissez votre adresse pour être prévenu de la sortie.
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Sources
- Arbousier (Arbutus unedo), arbrisseau de 1 à 3 m à jeunes rameaux rouges, feuilles persistantes ovales-lancéolées, dentées en scie, coriaces et luisantes, fleurs blanchâtres vertes au sommet, en grappes, baies globuleuses hérissées de tubercules pyramidaux, rouges à la fin, bois et rochers du Midi jusqu'en Drôme et en Lozère et de l'Ouest jusqu'à la Charente-Inférieure, Corse, fleurs et fruits d'octobre à janvier, eau-de-vie tirée des fruits par fermentation, flore de Coste, Tela Botanica
- Arbousier commun, 8 à 12 m, 3 à 5 m sous les climats plus tempérés, écorce gris brunâtre à la base et rougeâtre en haut des branches, feuilles d'une dizaine de centimètres, fleurs en clochettes d'octobre à janvier en même temps que les fruits de l'année précédente, fruit mettant un an à mûrir, chair molle, un peu farineuse, acidulée et sucrée, maquis corse, Pyrénées-Orientales, Maures et Esterel, côte landaise jusqu'au littoral de la Loire-Atlantique, Cévennes et Ardèche, sols siliceux, compagnon du chêne-liège, planté comme arbuste d'ornement jusqu'à Paris, rustique jusqu'à −15 °C, nom tiré de « unum edo » selon Pline, coliques bénignes et vomissements en cas de consommation crue excessive, marmelades, confitures, liqueurs et medronho, Wikipédia
- Arbutus unedo, fruit sphérique de 15 à 20 mm à surface rugueuse, mûrissant en douze mois, fade et granuleux, rarement consommé frais parce qu'il s'abîme facilement à maturité, surtout transformé en confiture et en boissons alcoolisées, Wikipédia (en)