Carte des néfliers : où cueillir des nèfles près de chez vous

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Le néflier est l'arbre des fruits qu'on attend. Quand tout le reste de la haie est nu, il garde ses nèfles brunes, dures comme du bois, et il faut le gel pour qu'elles deviennent enfin molles et sucrées. Nos grands-parents les appelaient cul-de-chien, à cause du calice ouvert au sommet du fruit. Frux est la carte collaborative qui recense les néfliers, espèce par espèce, avec la saison de récolte. Voici où chercher le néflier (Crataegus germanica, longtemps nommé Mespilus germanica), quand cueillir les nèfles, comment les faire blettir, pourquoi il ne faut pas le confondre avec le néflier du Japon, et ce que dit la loi.

Où trouver des néfliers en libre accès ?

Venu des Balkans, d'Asie Mineure et du Caucase, le néflier est planté en Europe depuis l'Antiquité. En France, il pousse çà et là dans presque toutes les régions, où il n'est sans doute que naturalisé : un arbre planté jadis, puis oublié, qui s'est maintenu seul. Les meilleurs coins :

les haies anciennes et le bocage, où la flore de Coste le signale déjà, mêlé aux aubépines et aux prunelliers.
les lisières et les bois clairs, où un petit arbre tortueux à l'écorce écailleuse se remarque surtout en automne, quand ses feuilles rougissent.
les anciens vergers et les jardins oubliés autour des fermes et des hameaux, où les variétés à gros fruits survivent sans soin.
les talus et les bords de chemins, où ses fruits bruns restent accrochés quand les feuilles sont tombées, ce qui le rend facile à repérer en novembre.

C'est exactement ce que cartographie Frux : chaque arbre est ajouté par un glaneur, avec l'espèce et sa position, pour que les nèfles finissent en gelée plutôt qu'au sol.

Quand cueillir les nèfles ?

En France, les nèfles se cueillent en novembre et décembre, après les premières gelées. C'est le fruit à l'envers des autres : mûr sur l'arbre dès octobre, il reste dur, acide et très acerbe, chargé de tanins, et personne ne le croque. Il doit blettir. Le gel s'en charge sur l'arbre, et c'est pour cela que la fenêtre Frux commence en novembre. On peut aussi cueillir les nèfles encore fermes, en tournant le fruit sur son pédoncule, et les poser une quinzaine de jours sur de la paille ou une claie, dans une pièce fraîche, sans qu'elles se touchent. La peau se ride et fonce, le fruit s'affaisse, la chair devient molle et brune, proche d'une compote de pomme, avec un goût sucré et légèrement vineux. Un fruit qui paraît gâté est souvent un fruit prêt. La fenêtre est indicative et nationale : dans le Midi on attend le gel plus longtemps, en altitude il vient plus tôt. La nèfle blette se mange telle quelle, à la cuillère, en écartant la peau et les cinq noyaux durs, qui se retirent et ne se mangent pas. Elle se cuit aussi en gelée de nèfles, en confiture, en compote, ou en pâte à la manière du coing, l'autre fruit d'automne qui ne se croque pas. Pour situer la nèfle parmi les autres récoltes du moment, voyez notre calendrier des récoltes.

Comment reconnaître un néflier ?

Un arbuste ou un petit arbre de 2 à 6 m, au tronc court et tortueux, à l'écorce écailleuse, au port étalé. Les sujets sauvages ont des rameaux épineux, les arbres de verger en ont peu ou pas. Les feuilles sont grandes, de 8 à 15 cm, oblongues, entières ou à peine dentées, vert sombre dessus, mollement duveteuses dessous, et elles virent au rouge avant de tomber. Fin mai ou en juin, tard pour un fruitier, s'ouvrent de grandes fleurs blanches de 3 à 5 cm, solitaires au bout des jeunes rameaux, entourées de cinq lobes de calice étroits qui dépassent les pétales. Le fruit, la nèfle, est brun, légèrement duveteux, de 2 à 3 cm pour un arbre sauvage et jusqu'à 5 ou 6 cm pour les variétés cultivées, en forme de toupie tronquée, largement creusée au sommet et couronnée par les cinq dents dressées du calice. Il renferme cinq noyaux osseux. Vous croiserez dans les mêmes haies ses cousins le prunellier et l'aubépine, et dans les mêmes vergers le cognassier.

Néflier, néflier du Japon ou aubépine ?

Le référentiel Frux ne connaît pas de sosie dangereux au néflier. La confusion la plus fréquente tient au nom, pas à l'arbre : deux espèces très différentes s'appellent « néflier ». Les autres se règlent en regardant le fruit, les feuilles et la saison :

Le test au pied de l'arbre : un fruit brun en toupie, creusé au sommet et couronné de cinq dents, qui renferme cinq noyaux, sur un petit arbre tortueux aux feuilles entières et duveteuses dessous. Un fruit rouge à un noyau, ou jaune et duveteux, n'est pas une nèfle.

Prudence, comme toujours. Le référentiel Frux ne connaît pas de sosie dangereux au néflier. La règle du cueilleur ne change pas : on ne consomme que ce qu'on a identifié soi-même avec certitude, on attend que le fruit soit blet, on retire les noyaux, on lave sa cueillette, et on évite les abords de routes passantes et les parcelles traitées. Frux n'identifie pas les plantes à votre place : lisez ce que Frux garantit, et ce qu'il ne garantit pas.

A-t-on le droit de cueillir des nèfles ?

Les fruits appartiennent au propriétaire du sol où l'arbre est planté (code civil, article 547). En pratique : cueillette familiale généralement tolérée sur le domaine public, les haies communales et les bords de chemins. Accord du propriétaire indispensable sur un terrain privé, et une haie de limite appartient au propriétaire de la parcelle qu'elle borde. Les branches d'un arbre privé qui dépassent sur la rue restent à lui. Le ramassage des fruits tombés après récolte relève de la tolérance du glanage. Détails, textes et bonnes pratiques : le glanage et la loi en France.

La carte collaborative des néfliers

Frux arrive sur Android : une carte contribuée où chaque néflier repéré est partagé avec les glaneurs du coin, avec sa saison et son état. Les premiers arbres publics sont déjà recensés, et c'est votre quartier qui complétera la carte.

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Sources

  • Mespilus germanica dans la flore de Coste, arbuste tortueux à rameaux épineux, feuilles oblongues entières mollement pubescentes dessous, grandes fleurs blanches solitaires, calice à cinq lobes plus longs que la corolle, fruit en toupie tronqué et largement ombiliqué au sommet, brun, à cinq noyaux osseux, haies et bois çà et là dans presque toute la France où il n'est peut-être que naturalisé, floraison en mai, fruits en octobre-novembre, doux quand ils sont blets, Tela Botanica
  • Néflier commun, petit arbre de 5 à 6 m à tronc tortueux et écorce écailleuse, fleurs blanches de 3 cm vers la fin mai, une par extrémité de rameau, fruit de 2 à 3 cm (4 à 6 cm chez les variétés à gros fruits) à cinq noyaux, récolte en général en octobre après les premières gelées puis plusieurs semaines de blettissement, assez commun en France, noms de mêlier et cul-de-chien, à ne pas confondre avec le néflier du Japon, Wikipédia
  • Nèfle, fruit brun de 3 à 5 cm en toupie aplatie couronné des cinq dents du calice, cinq gros noyaux, trop dure et trop acerbe à maturité (tanins, acide malique), cueillie après les premières gelées puis une quinzaine de jours sur lit de paille, goût sucré légèrement vineux, les pépins ne se mangent pas, confiture et compote, et la bibace jaune du néflier du Japon récoltée d'avril à juillet surtout en Provence, Wikipédia
  • Medlar, plantes sauvages de 1,5 à 4 m épineuses et épines réduites ou absentes chez les formes cultivées, feuilles de 8 à 15 cm densément velues dessous rougissant en automne, fleurs de 2 à 5 cm solitaires en mai-juin, fruit brun-rouge de 2 à 3 cm à l'aspect creux, dur et acide même mûr, blettissement par le gel ou le stockage qui ride et fonce la peau, chair proche d'une compote de pomme, gelée de nèfles, origine Balkans, Asie Mineure, Caucase et Iran du Nord, néflier du Japon moins proche parent que les aubépines, Wikipédia (en)
  • Néflier du Japon, feuillage persistant, feuilles coriaces dentées jusqu'à 25 cm luisantes dessus et tomenteuses roussâtres dessous, fleurs blanches en thyrses en automne ou début d'hiver, fruit jaune orangé juteux, à ne pas confondre avec le néflier commun, Wikipédia, et loquat, graines et jeunes feuilles contenant des hétérosides cyanogènes dont l'amygdaline, un à quatre pépins par fruit, Wikipédia (en)
  • Aubépine monogyne, arbuste épineux de 2 à 10 m, feuilles à 3 à 7 lobes dentés profondément découpées, fleurs blanches en corymbes d'avril à juin, cenelle rouge brillant de 6 à 11 mm à un seul noyau, chair jaunâtre et farineuse, mûre entre septembre et octobre, haies et lisières, Wikipédia