Carte des prunelliers : où cueillir des prunelles près de chez vous

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Le prunellier est l'épine noire des haies. Il ferme les pâtures depuis des siècles, fleurit en blanc avant toute autre chose au sortir de l'hiver, et donne à l'automne ces petites prunes bleu-noir que personne ne croque deux fois avant les gelées. Frux est la carte collaborative qui recense les prunelliers, espèce par espèce, avec la saison de récolte. Voici où chercher le prunellier (Prunus spinosa), quand cueillir les prunelles, comment ne pas le confondre avec les autres baies noires des haies, et ce que dit la loi.

Où trouver des prunelliers en libre accès ?

Le prunellier pousse dans toute la France, Corse comprise, en pleine lumière et sur presque tous les sols. Les meilleurs coins :

les haies champêtres et bocagères, où il a été planté pour arrêter le bétail et forme encore des murs d'épines infranchissables.
les talus et les bords de chemins, qu'il colonise par drageons en buissons serrés, à hauteur de main.
les lisières de bois et les coteaux ensoleillés, où il marque la transition entre la prairie et la forêt.
les friches et les pâtures abandonnées, qu'il envahit en quelques années dès qu'on cesse de faucher.

C'est exactement ce que cartographie Frux : chaque arbuste est ajouté par un glaneur, avec l'espèce et sa position, pour que les prunelles finissent en liqueur plutôt qu'aux grives.

Quand cueillir les prunelles ?

En France, les prunelles se cueillent en octobre et novembre, et la vraie date, c'est la première gelée. Le fruit est formé dès la fin de l'été, mais avant le gel il est si astringent qu'il assèche la bouche en une bouchée. Le froid attendrit la peau et adoucit la chair. La fenêtre est indicative et nationale : en montagne les gelées arrivent tôt, sur le littoral parfois pas avant décembre. À défaut de gel, un passage au congélateur après la cueillette produit le même effet, et met la récolte à l'abri des oiseaux. Les prunelles se travaillent plutôt qu'elles ne se mangent sur place : confiture dans les régions rudes, liqueur de prunelle, patxaran basque, eau-de-vie de prunelle alsacienne, et le vin d'épines, qui se fait au printemps avec les jeunes pousses. Pour situer la prunelle parmi les autres récoltes du moment, voyez notre calendrier des récoltes.

Comment reconnaître un prunellier ?

Un buisson de 50 cm à 2 m dans les haies taillées, jusqu'à 5 ou 6 m quand on le laisse pousser. Les rameaux sont très épineux, raides, enchevêtrés, à écorce brun-noir, là où l'aubépine voisine montre un bois plus clair. Les épines cassent facilement et s'infectent volontiers : gants épais recommandés. Les feuilles sont petites, 2 à 4 cm, ovales à lancéolées, finement dentées, portées une à une le long du rameau. Les fleurs blanches s'ouvrent en mars-avril, avant les feuilles, et couvrent la haie de blanc à une époque où rien d'autre ne fleurit. Le fruit, la prunelle, est une petite prune ronde de 6 à 15 mm, dressée sur un court pédoncule, bleu-noir sous une pruine cireuse qui s'efface sous le doigt, et qui renferme un seul noyau. Vous croiserez aussi son cousin le prunier, échappé des vergers, et le prunier myrobolan, qui fleurit un mois plus tôt et donne des fruits jaunes ou rouges deux mois avant la prunelle.

Prunellier, nerprun ou troène ? Les baies noires des haies

Deux arbustes des mêmes haies portent en automne des baies noires de la taille d'une prunelle, et tous deux sont toxiques. Ils ne ressemblent pas au prunellier dès qu'on regarde la plante entière, feuilles et rameaux compris, jamais la seule baie :

Le test au pied de la haie : rameau épineux brun-noir, feuilles alternes et finement dentées, fruit mat sous sa pruine bleutée, et un noyau unique quand on l'ouvre. Un fruit qui livre plusieurs pépins n'est pas une prunelle.

Prudence, comme toujours. Le référentiel Frux ne déclare pas encore de sosie au prunellier, mais le nerprun et le troène poussent dans les mêmes haies et portent des baies noires au même moment : on ne cueille que sur un arbuste qu'on a identifié à ses épines, à ses feuilles et à son noyau unique, jamais à la couleur du fruit. La règle du cueilleur ne change pas : on ne consomme que ce qu'on a identifié soi-même avec certitude, on lave sa cueillette, et on évite les abords de routes passantes et les parcelles traitées. Frux n'identifie pas les plantes à votre place : lisez ce que Frux garantit, et ce qu'il ne garantit pas.

A-t-on le droit de cueillir des prunelles ?

Les fruits appartiennent au propriétaire du sol où l'arbuste est planté (code civil, article 547). En pratique : cueillette familiale généralement tolérée sur le domaine public, les talus communaux et les bords de chemins. Accord du propriétaire indispensable dans une haie privée, y compris celle qui borde un champ cultivé. Les prunelliers plantés en haie le sont souvent pour clore : on ne force pas un passage et on ne casse pas de branches. Détails, textes et bonnes pratiques : le glanage et la loi en France.

La carte collaborative des prunelliers

Frux arrive sur Android : une carte contribuée où chaque prunellier repéré est partagé avec les glaneurs du coin, avec sa saison et son état. Les premiers arbustes publics sont déjà recensés, et c'est votre quartier qui complétera la carte.

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Sources

  • Prunellier, milieux, épines, floraison avant les feuilles, prunelle et gelées, usages, Wikipédia
  • Prunus spinosa dans la flore de Coste, rameaux brun noir, drupe à noyau unique, haies, bois et coteaux de toute la France, Tela Botanica
  • Sloe, fruit de 10 à 12 mm à pruine, cueillette après gelée ou congélation, confusion avec le prunier myrobolan, Wikipédia (en)
  • Rhamnus cathartica dans la flore de Coste, rameaux opposés épineux, nervures convergentes, haies et bois, Tela Botanica
  • Nerprun purgatif, fruit à quatre graines, hétérosides anthraquinoniques purgatifs, Wikipédia, et monographie, toxiplante.fr
  • Ligustrum vulgare dans la flore de Coste, feuilles opposées entières, baie noire amère longtemps persistante, Tela Botanica
  • Troène commun, baies toxiques, symptômes et persistance hivernale, Wikipédia, et monographie, toxiplante.fr