Où cueillir des alises ? La carte des alisiers blancs
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L'alisier blanc se repère de loin quand le vent retourne son feuillage : le revers des feuilles est blanc, presque argenté. À la fin de l'été, il porte des bouquets de fruits rouge orangé, les alises, que les oiseaux trouvent souvent avant les glaneurs. Leur chair est farineuse et un peu acide, et elle ne s'adoucit qu'une fois le fruit blet. Frux est la carte collaborative qui recense les alisiers, espèce par espèce, avec la saison de récolte. Voici où chercher l'alisier blanc (Aria edulis, longtemps nommé Sorbus aria), quand cueillir ses alises, comment le reconnaître, avec quels sorbiers on peut le confondre, et ce que dit la loi.
Où trouver des alisiers blancs en libre accès ?
L'alisier blanc est un arbre sauvage de la flore de France. Il aime les sols minces et les endroits secs, des collines à la moyenne montagne, dans une grande partie du pays. Il manque en revanche dans l'Ouest et dans la région méditerranéenne. Les meilleurs coins :
C'est exactement ce que cartographie Frux : chaque arbre est ajouté par un glaneur, avec l'espèce et sa position, pour que les alises ne restent pas toutes aux oiseaux.
Quand cueillir les alises de l'alisier blanc ?
En France, les alises de l'alisier blanc mûrissent en septembre, et la récolte court jusqu'en octobre. Le fruit prend tôt sa couleur rouge orangé, mais la couleur ne suffit pas : cueillie ferme, l'alise est farineuse, fade et un peu acide. La fenêtre est indicative et nationale, l'altitude et l'année la décalent. Pour situer cette récolte parmi celles du moment, voyez notre calendrier des récoltes.
La règle Frux est simple : l'alise se mange blette, quand sa chair est devenue molle. On attend souvent les premières gelées pour en faire de la confiture, l'usage traditionnel de ces fruits farineux.
Comment reconnaître un alisier blanc ?
Un arbre de 3 à 20 m, parfois un simple arbuste, au tronc droit et à l'écorce grise. Les feuilles sont simples, alternes, ovales ou elliptiques, au bord doublement denté ou à peine lobé, les dents diminuant du sommet vers la base. Le dessus est vert et ridé, parcouru de 8 à 12 paires de nervures bien saillantes. Le revers est blanc et feutré, couvert d'un duvet serré. Les fleurs blanches à cinq pétales s'ouvrent en mai, en corymbes amples, et les fruits leur succèdent en bouquets : des alises presque rondes, rouge orangé, à la chair farineuse.
Alisier blanc, sorbier des oiseleurs ou cormier ?
Le référentiel Frux ne déclare pas de sosie à l'alisier blanc. Mais deux cousins de la même famille portent des fruits à la même saison, parfois dans les mêmes bois, et on les appelle tous deux sorbiers. Leur feuille les trahit :
- Le sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia) pousse lui aussi dans les bois de montagne. Ses feuilles sont composées, faites de 11 à 17 folioles dentées alignées le long d'un axe. Ses fruits sont des baies d'environ 1 cm, lisses et rouge vif, qui restent souvent sur l'arbre l'hiver. Crues, elles contiennent de l'acide parasorbique, âpre et amer, qui peut faire vomir. Elles ne se mangent que cuites, en gelée ou en confiture, car une cuisson prolongée neutralise cet acide.
- Le cormier (Cormus domestica, longtemps Sorbus domestica) a lui aussi des feuilles composées de 11 à 17 folioles. Ses fruits, les cormes, sont bien plus gros, environ 3 cm, en forme de petite poire, vert rougeâtre ou roux. Ils se mangent blets eux aussi, mais ce ne sont pas des alises.
Le test au pied de l'arbre : une feuille entière, dentée, au revers blanc feutré, sous des bouquets de fruits rouge orangé. Une feuille découpée en folioles, et ce n'est pas un alisier blanc. Il existe aussi des hybrides entre l'alisier blanc et ses cousins, comme le sorbier de Thuringe. Devant un arbre qui ne colle pas à cette description, on ne cueille pas.
A-t-on le droit de cueillir des alises ?
Les fruits appartiennent au propriétaire du sol où l'arbre pousse (code civil, article 547). L'alisier blanc vit surtout dans les bois et sur les terrains rocheux, qui ont toujours un propriétaire, public ou privé. En pratique : cueillette familiale généralement tolérée sur le domaine public et les bords de chemins, accord du propriétaire indispensable dans un bois privé ou un jardin. On cueille à la main, sans casser de branches. Détails, textes et bonnes pratiques : le glanage et la loi en France.
La carte collaborative des alisiers blancs
Frux est sur Android : une carte contribuée où chaque alisier blanc repéré est partagé avec les glaneurs du coin, avec sa saison et son état. Les premiers arbres publics sont déjà recensés, et c'est votre quartier qui complétera la carte. Sur iPhone, laissez votre adresse pour être prévenu de la sortie.
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Sources
- Alisier blanc (Aria edulis, anciennement Sorbus aria), noms d'alisier de Bourgogne, d'alouchier et de sorbier des Alpes, arbre de 3 à 20 m au tronc droit et à l'écorce grise, feuilles alternes ovales ou elliptiques, vertes et ridées dessus, très blanches et tomenteuses dessous, doublement dentées ou légèrement lobées, à 8 à 12 paires de nervures, floraison en mai en corymbes, cinq pétales blancs, drupes subglobuleuses rouge orangé à chair farineuse et un peu acide, fructification en septembre, confiture après les premières gelées, absent de l'Ouest et de la région méditerranéenne, zones rocheuses à sol superficiel, bois secs (chênaies pubescentes, hêtraies sèches, pinèdes), fruticées et lisières, étages collinéen et montagnard, Wikipédia
- Alisier blanc, revers des feuilles presque blanc, fleurs blanc crème en mai, fruits écarlates souvent mangés par les oiseaux, consommés seulement blets, cultivars d'ornement 'Lutescens' aux jeunes feuilles blanchâtres et 'Majestica' à grandes feuilles, Wikipédia (en anglais)
- Sorbus aria (L.) Crantz dans la flore de Coste reprise par Tela Botanica, « Alisier blanc », « Alisier de Bourgogne », « Alouchier », feuilles très blanches-tomenteuses en dessous, à dents décroissant du sommet à la base, à 8 à 12 paires de nervures saillantes, fruit subglobuleux, farineux-pulpeux, rouge orangé, bois et rochers des montagnes, nul dans l'Ouest et la région méditerranéenne, floraison en mai, fruits en septembre, ainsi que Sorbus aucuparia (feuilles imparipennées à 11 à 17 folioles, fruit de 1 cm, lisse, rouge vif, persistant l'hiver) et Sorbus domestica (feuilles imparipennées à 11 à 17 folioles, fruit de 3 cm en poire, vert rougeâtre ou roussâtre, fruits en octobre), Tela Botanica
- Sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia), feuilles pennées à folioles dentées, fruits rouges persistants en hiver, acide parasorbique au goût âpre et amer qui peut provoquer des vomissements, neutralisé par une cuisson prolongée, gelées et confitures, sorbier de Thuringe hybride du sorbier des oiseleurs et de l'alisier blanc, Wikipédia