Où cueillir des pissenlits ? La carte des pissenlits
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Le pissenlit (Taraxacum officinale), la dent-de-lion des flores, est partout : dans les prés, au bord des chemins, dans les lieux incultes. Il se récolte en trois temps, les feuilles au début du printemps, les fleurs ensuite, les racines à l'automne. Frux est la carte collaborative qui recense les coins à pissenlits, avec leurs fenêtres de récolte. Voici où le chercher, quand le cueillir, comment ne pas le confondre avec les autres rosettes à fleurs jaunes, et où ne pas le cueillir.
Où trouver des pissenlits en libre accès ?
La flore de Coste le résume d'un mot : le pissenlit pousse partout, dans les prés, au bord des chemins et dans les lieux incultes, Corse comprise. Les coins ne manquent pas, mais tous ne se valent pas :
C'est ce que cartographie Frux : chaque coin ajouté par un glaneur, avec sa position et ses fenêtres de récolte, pour revenir aux feuilles au printemps et aux racines à l'automne.
Quand cueillir les feuilles, les fleurs et les racines de pissenlit ?
Le référentiel Frux retient trois fenêtres. Les feuilles se cueillent de mars à mai, sur la rosette. Les fleurs, capitules jaunes portés chacun par sa hampe, s'ouvrent d'avril à mai. Les racines se déterrent en octobre et novembre, sur une plante repérée en saison de feuilles ou de fleurs. La souche est épaisse : on bêche largement autour du pied pour la sortir sans la casser. Pour situer le pissenlit parmi les autres récoltes du moment, voyez notre calendrier des récoltes.
Comment ne pas confondre le pissenlit avec d'autres rosettes jaunes ?
Le référentiel Frux ne déclare pas de sosie pour le pissenlit. Cela ne veut pas dire qu'il n'en a pas. Beaucoup d'Astéracées à fleurs jaunes forment, comme lui, une rosette de feuilles découpées au ras du sol, dans les mêmes prés et au bord des mêmes chemins. Le pissenlit se reconnaît à plusieurs caractères, à vérifier ensemble :
- La hampe. Chez le pissenlit, elle part du centre de la rosette, sans feuille ni rameau, et ne porte qu'une fleur. Les laiterons (Sonchus) et les crépides (Crepis) ont une tige feuillée et ramifiée, à plusieurs fleurs, avec des feuilles qui embrassent la tige.
- La feuille. Elle est glabre ou presque chez le pissenlit, découpée en lobes triangulaires. La porcelle enracinée (Hypochaeris radicata) a des feuilles hérissées de poils raides, et sa tige porte de petites écailles espacées. Le laiteron rude (Sonchus asper) a des feuilles bordées d'épines.
- Le dessous de la fleur. Chez le pissenlit, les bractées extérieures sont étalées ou rabattues vers le bas. Le liondent hispide (Leontodon hispidus), qui porte lui aussi une seule fleur sur une hampe nue, a des feuilles larges, arrondies au sommet, souvent poilues, et une aigrette roussâtre aux soies plumeuses.
- La chicorée sauvage (Cichorium intybus). En rosette, le guide des mauvaises herbes de l'Ontario la juge presque impossible à distinguer du pissenlit. Elle se trahit à la floraison, par une tige très rameuse et des fleurs bleues.
Une rosette seule, sans hampe ni fleur, ne suffit donc pas à nommer un pissenlit. On cueille les feuilles sur une rosette qui porte déjà ses boutons ou ses hampes, ou qu'on a reconnue en fleur, et on déterre à l'automne les racines d'un pied repéré au printemps.
Où ne pas cueillir le pissenlit ?
Une plante qui pousse au ras du sol ramasse ce qui traîne au sol. L'Anses cite le pissenlit pour deux parasites, et pour chacun le lavage ne suffit pas :
- La grande douve du foie. Ce parasite des ruminants se transmet à l'homme par des végétaux crus de milieux humides : cresson surtout, mais aussi pissenlit, mâche ou menthe, le plus souvent cueillis à l'état sauvage. On évite donc les prés humides où pâturent vaches et moutons, et les bords de fossés et de mares.
- L'échinococcose alvéolaire. Ce parasite du renard pond des œufs que l'on retrouve sur les végétaux récoltés au ras du sol, pissenlit compris. Ni le lavage, même intensif, ni la congélation domestique ne les éliminent. On évite les lieux fréquentés par les renards et les chiens.
Pour ces deux parasites, l'Anses donne la même consigne : les végétaux sauvages se consomment cuits. Elle déconseille toute consommation crue de salades cueillies dans la nature, d'où viennent presque toutes les contaminations humaines actuelles par la douve. On évite enfin les abords des routes passantes et les parcelles traitées.
Comment reconnaître le pissenlit ?
Une plante vivace à souche épaisse, dont toutes les feuilles partent de la base, en rosette. Elles sont glabres ou presque, rétrécies vers la base, et découpées en lobes triangulaires tournés vers le cœur de la rosette. Du centre partent des hampes de 6 à 30 cm, sans feuille, qui portent chacune une seule fleur jaune. Sous la fleur, les bractées extérieures s'écartent ou se rabattent. Les fruits, grisâtres, sont prolongés d'un bec. La flore de Coste le donne en fleur d'avril à octobre.
A-t-on le droit de cueillir du pissenlit ?
La cueillette de plantes sauvages est tolérée pour un usage familial, mais elle reste au bon vouloir du propriétaire du terrain, public ou privé. Un pré appartient toujours à quelqu'un, et un pré de fauche est une récolte en cours pour son exploitant. Des arrêtés locaux peuvent aussi limiter la cueillette. On demande l'accord avant d'entrer dans une parcelle, et on laisse des pieds en place. Détails, textes et bonnes pratiques : le glanage et la loi en France.
La carte collaborative des pissenlits
Frux est sur Android : une carte contribuée où chaque coin à pissenlits repéré est partagé avec les glaneurs du coin, avec ses trois fenêtres de récolte. Les premiers coins sont déjà recensés, et c'est votre quartier qui complétera la carte. Sur iPhone, laissez votre adresse pour être prévenu de la sortie.
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Sources
- Dent-de-lion (Taraxacum officinale), souche vivace épaisse, pédoncules radicaux de 6 à 30 cm, monocéphales, feuilles toutes radicales en rosette, glabres ou glabrescentes, roncinées, involucre à folioles extérieures étalées ou réfléchies, akènes grisâtres épineux au sommet, prés, bords des chemins, lieux incultes, partout, Corse, avril à octobre, flore de Coste, Tela Botanica
- Porcelle enracinée (Hypochaeris radicata), tiges nues pourvues d'écailles herbacées espacées, feuilles toutes radicales en rosette, hispides, flore de Coste, Tela Botanica
- Liondent hispide (Leontodon hispidus), pédoncules radicaux nus, feuilles toutes radicales, grandes, larges et arrondies au sommet, glabres ou pubescentes, aigrette roussâtre à soies plumeuses, flore de Coste, Tela Botanica
- Laiteron potager (Sonchus oleraceus), tige dressée peu rameuse, feuilles caulinaires embrassantes à oreillettes, flore de Coste, Tela Botanica, et laiteron rude (Sonchus asper), feuilles plus fortement spinuleuses, Tela Botanica
- Crépide bisannuelle (Crepis biennis), tige rameuse, hispide, feuilles caulinaires sessiles, auriculées, capitules en corymbe, flore de Coste, Tela Botanica
- Chicorée sauvage (Cichorium intybus), tige très rameuse, fleurs bleues, flore de Coste, Tela Botanica
- Pissenlit, espèces semblables : chicorée sauvage presque impossible à distinguer au stade végétatif, laiteron potager à feuilles cireuses, laiteron rude à épines raides, guide d'identification des mauvaises herbes agricoles, Gouvernement de l'Ontario
- Grande douve du foie (Fasciola hepatica), contamination humaine par des végétaux crus de milieux humides, cresson surtout, pissenlit, mâche, menthe, le plus souvent cueillis à l'état sauvage, consommation crue de végétaux collectés dans les milieux naturels déconseillée, fiche de description de danger biologique, Anses
- Echinococcus multilocularis, aliments récoltés au ras du sol dont le pissenlit comme source possible, œufs non éliminés par le lavage ni par la congélation domestique, inactivés par la cuisson, fiche de description de danger biologique, Anses
- Le lavage des fruits et légumes, cueillette de végétaux sauvages (cresson, pissenlit, mâche) et risque parasitaire, végétaux sauvages à consommer cuits, Santé.fr (Anses)
- Gare aux confusions entre plantes, et pourquoi ne jamais cueillir par brassées, Anses