Où cueillir des orties ? La carte des orties
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La grande ortie (Urtica dioica) pousse dans toute la France, et on la reconnaît d'abord à la brûlure de ses poils. On en cueille les feuilles d'avril à septembre, surtout les jeunes pousses du sommet. Frux est la carte collaborative qui recense les coins à orties, avec leur saison de récolte. Voici où chercher l'ortie, quand la cueillir, comment ne pas la confondre avec le lamier blanc, et où ne pas la cueillir.
Où trouver des orties en libre accès ?
L'ortie est une plante des friches et des lisières, sur des sols riches en azote. La flore de Coste la donne dans les lieux incultes, dans toute la France et en Corse. Elle y forme des colonies denses, qui suivent de près les lieux habités :
Un massif d'orties renseigne sur le sol qui le porte. Il signale une forte quantité de matière organique en décomposition, et bien souvent du fer ou de vieilles ferrailles. Un coin à orties au pied d'un dépôt ou d'une décharge n'est donc pas un coin à cueillir. C'est ce que cartographie Frux : chaque coin ajouté par un glaneur, avec sa position et sa saison, pour savoir où revenir d'une année sur l'autre.
Quand cueillir les orties ?
Le référentiel Frux ouvre la fenêtre des feuilles d'avril à septembre. On prend les jeunes pousses du sommet, les plus tendres, et on les cueille avec des gants. Les poils urticants ont une pointe dure comme du verre, chargée de silice. Elle se brise au moindre contact et injecte un liquide irritant, d'où la brûlure et le gonflement. Pour situer l'ortie parmi les autres récoltes du moment, voyez notre calendrier des récoltes.
Comment ne pas confondre l'ortie avec le lamier blanc ?
Le référentiel Frux ne déclare pas de sosie pour l'ortie. La confusion existe pourtant, et elle se joue sans toucher la plante. Le lamier blanc (Lamium album), qu'on appelle aussi ortie blanche, pousse souvent avec l'ortie et lui ressemble beaucoup avant la floraison. On les sépare ainsi :
- Les poils. L'ortie pique, le lamier blanc ne pique pas. C'est le critère qui ne trompe pas, mais il ne sert à rien si l'on cueille déjà au gant.
- La fleur. Le lamier blanc porte de grandes fleurs blanches d'environ 2 cm, en couronnes étagées le long de la tige. L'ortie fleurit en grappes vertes et fines, qui pendent à la fructification, sur des pieds mâles ou femelles.
- L'odeur. Le lamier blanc dégage une odeur musquée que l'ortie n'a pas.
Le nom d'ortie ne désigne pas une seule plante. Les noms populaires d'ortie morte, d'ortie rouge ou d'ortie bâtarde recouvrent des lamiers, des galéopsis, des épiaires et la mercuriale annuelle (Mercurialis annua). Cette dernière, extrêmement commune dans les jardins et les terres cultivées, est faiblement toxique : quelques heures après l'ingestion, elle provoque spasmes et vomissements.
Le vrai risque n'est donc pas de prendre un lamier pour une ortie. C'est de cueillir à la volée dans un massif où d'autres plantes ont poussé entre les tiges, et de les emporter avec les pousses d'ortie. L'Anses le rappelle pour toute cueillette : on ne cueille pas par brassées, pour ne pas mêler une espèce toxique à sa récolte.
Où ne pas cueillir l'ortie ?
L'ortie pousse là où le sol est riche, et ce sol n'est pas toujours propre. On évite les abords des routes passantes, les parcelles traitées, les dépôts et les décharges. On évite aussi les lieux fréquentés par les chiens et les renards. L'Anses compte les végétaux récoltés au ras du sol parmi les sources possibles d'échinococcose alvéolaire, un parasite du renard. Ses œufs ne partent pas au lavage, même intensif, et la congélation domestique ne les détruit pas. Seules la cuisson, ou une congélation à −80 °C pendant cinq jours, les inactivent. L'Anses recommande de consommer cuits les végétaux sauvages.
Comment reconnaître la grande ortie ?
Une plante vivace de 50 cm à 1 m, d'un vert sombre, à souche rampante, qui pousse en colonies. Les tiges sont robustes, dressées, simples. Les feuilles sont grandes, ovales et terminées en pointe, un peu en cœur à la base, bordées de grosses dents triangulaires, et toute la plante porte des poils urticants. Les fleurs, vertes, sont réunies en grappes ramifiées plus longues que le pétiole, et les pieds sont presque toujours mâles ou femelles. La petite ortie (Urtica urens), annuelle et plus basse, d'un vert clair, a des grappes courtes, plus courtes que le pétiole.
A-t-on le droit de cueillir des orties ?
La cueillette de plantes sauvages est tolérée pour un usage familial, mais elle reste au bon vouloir du propriétaire du terrain, public ou privé. Une friche, une lisière ou une haie appartient toujours à quelqu'un. Des arrêtés locaux peuvent aussi limiter la cueillette. Avant de partir, on se renseigne auprès de la mairie, et on laisse toujours une partie du massif en place. Détails, textes et bonnes pratiques : le glanage et la loi en France.
La carte collaborative des orties
Frux est sur Android : une carte contribuée où chaque coin à orties repéré est partagé avec les glaneurs du coin, avec sa saison de récolte. Les premiers coins sont déjà recensés, et c'est votre quartier qui complétera la carte. Sur iPhone, laissez votre adresse pour être prévenu de la sortie.
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Sources
- Grande ortie (Urtica dioica), plante vivace de 50 cm à 1 m, d'un vert sombre, hispide, à souche rampante, tiges robustes, dressées, simples, feuilles grandes, ovales-acuminées, un peu en cœur à la base, à grosses dents ovales-triangulaires, fleurs dioïques, parfois monoïques, en grappes rameuses bien plus longues que le pétiole, les fructifères pendantes, lieux incultes dans toute la France et la Corse, flore de Coste, Tela Botanica
- Petite ortie (Urtica urens), annuelle de 20 à 60 cm, d'un vert clair, grappes subsessiles plus courtes que le pétiole, flore de Coste, Tela Botanica
- Lamier blanc ou ortie blanche (Lamium album), plante vivace velue de 20 à 60 cm, feuilles ovales en cœur, acuminées, fortement dentées, fleurs blanches d'environ 2 cm en verticilles écartés, haies et chemins, flore de Coste, Tela Botanica
- Petite ethnobotanique de l'ortie, par Aymeric de Kerimel : poils urticants qui empêchent toute confusion au toucher, lamier blanc qui pousse souvent avec l'ortie, à fleurs blanches et odeur musquée, noms d'ortie donnés aux lamiers, galéopsis, épiaires et à la mercuriale annuelle, massifs qui signalent une forte quantité de matière organique en décomposition et souvent du fer ou de vieilles ferrailles, Tela Botanica
- L'ortie dioïque, espèce friande d'azote, poils urticants à pointe de silice qui se brise au contact et injecte un liquide irritant, par Steffen Boch, Institut fédéral de recherches WSL (waldwissen.net)
- Mercuriale annuelle, extrêmement commune dans toute la France, faiblement toxique, spasmes et vomissements quelques heures après ingestion, monographie Toxiplante
- Gare aux confusions entre plantes, et pourquoi ne jamais cueillir par brassées, Anses
- Echinococcus multilocularis, aliments récoltés au ras du sol comme source possible, œufs non éliminés par le lavage ni par la congélation domestique, inactivés par la cuisson, fiche de description de danger biologique, Anses
- Le lavage des fruits et légumes, végétaux sauvages à consommer cuits, Santé.fr (Anses)