Carte des églantiers : où cueillir des cynorhodons près de chez vous
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L'églantier est le rosier sauvage des haies. Quand l'hiver a tout dépouillé, ses fruits rouges restent accrochés aux tiges épineuses, et c'est le gel qui les rend meilleurs. On l'appelle aussi gratte-cul, un surnom qui vient des poils cachés dans le fruit, le poil à gratter des cours de récréation. Frux est la carte collaborative qui recense les églantiers, espèce par espèce, avec la saison de récolte. Voici où chercher l'églantier (Rosa canina), quand cueillir les cynorhodons, comment les préparer sans garder les poils, quelles baies rouges des mêmes haies écarter, et ce que dit la loi.
Où trouver des églantiers en libre accès ?
L'églantier est très commun dans toute la France, Corse comprise, de la plaine aux basses montagnes. Il aime la lumière et monte jusque vers 1 600 m. Les meilleurs coins :
C'est exactement ce que cartographie Frux : chaque arbuste est ajouté par un glaneur, avec l'espèce et sa position, pour retrouver le même buisson d'une année sur l'autre.
Quand cueillir les cynorhodons ?
En France, les cynorhodons se cueillent d'octobre à février. Ils rougissent dès octobre, mais restent alors fermes. Ils sont meilleurs après les premières gelées, quand le froid les a blettis et que la pulpe est devenue molle. C'est une des rares récoltes qui gagne à attendre l'hiver, et une des seules de janvier. La fenêtre est indicative et nationale : dans le Midi on attend le gel plus longtemps, en altitude il vient plus tôt. Prévoyez des gants, car les tiges sont armées d'aiguillons crochus.
Le cynorhodon est un faux-fruit : une enveloppe charnue qui renferme les vrais fruits de l'églantier, les akènes, couverts de poils très irritants pour la peau et les muqueuses. Ce sont eux, le poil à gratter. On les retire avant de cuisiner : fendre le fruit et le vider, ou cuire les cynorhodons entiers puis passer la pulpe au tamis fin, voire à travers un linge, sans laisser passer un seul poil. La pulpe se cuisine en confiture, en gelée ou en sirop, et le fruit séché vidé se prépare en tisane. Le cynorhodon est réputé très riche en vitamine C. Pour situer cette récolte parmi celles du moment, voyez notre calendrier des récoltes.
Comment reconnaître un églantier ?
Un arbrisseau de 1 à 3 m, parfois davantage, aux tiges arquées couvertes d'aiguillons forts et crochus, élargis à la base. Les feuilles sont composées de cinq à sept folioles ovales et dentées. De mai à juillet s'ouvrent des fleurs de rosier simple, de 4 à 5 cm, à cinq pétales rose pâle ou blancs autour d'une touffe d'étamines, seules ou en petits bouquets. Le fruit, le cynorhodon, est rouge, lisse, ovoïde, long de 1,5 à 2 cm, et rempli d'akènes velus. Sur la même tige, on croise parfois une boule chevelue, le bédégar : c'est une galle due à un petit insecte, pas un fruit.
Cynorhodon, tamier ou douce-amère ?
Le référentiel Frux ne déclare pas de sosie à l'églantier. Mais les haies d'automne portent d'autres baies rouges, et deux d'entre elles sont toxiques. Elles poussent sur des lianes qui grimpent justement dans les églantiers :
- Le tamier (Dioscorea communis), toxique, est une liane à tige grêle qui s'enroule dans les buissons, sans aiguillons. Ses feuilles sont en cœur, pointues, luisantes. Ses baies rouges écarlates, luisantes et charnues, renferment trois à six graines. Toute la plante est toxique.
- La morelle douce-amère (Solanum dulcamara), toxique, est une plante grimpante des haies et des bords de fossés, elle aussi sans aiguillons. Ses fleurs sont violettes à cœur jaune, ses feuilles souvent en cœur, les plus hautes à trois lobes inégaux. Ses baies ovoïdes, rouges, de 6 à 8 mm, pendent en petites grappes. Ses fruits verts sont plus toxiques encore que les rouges.
- Les aubépines (Crataegus monogyna) partagent les mêmes haies et les mêmes épines. Leurs feuilles sont découpées en lobes, et leur cenelle rouge, petite, de 6 à 11 mm, ne renferme qu'un seul noyau, mûre dès septembre-octobre. Ce n'est pas un cynorhodon.
Le test au pied du buisson : une baie rouge sur une tige armée d'aiguillons crochus, aux feuilles à cinq à sept folioles, qui une fois ouverte montre une bourre d'akènes velus. Une baie cueillie sur une liane sans aiguillons, ou qui pend en grappe, n'est pas un cynorhodon. Écartez-la, et ne la laissez pas aux enfants.
A-t-on le droit de cueillir des cynorhodons ?
Les fruits appartiennent au propriétaire du sol où l'arbuste pousse (code civil, article 547). En pratique : cueillette familiale généralement tolérée sur le domaine public, les haies communales et les bords de chemins. Accord du propriétaire indispensable sur un terrain privé, et une haie de limite appartient au propriétaire de la parcelle qu'elle borde. Détails, textes et bonnes pratiques : le glanage et la loi en France.
La carte collaborative des églantiers
Frux arrive sur Android : une carte contribuée où chaque églantier repéré est partagé avec les glaneurs du coin, avec sa saison et son état. Les premiers arbres publics sont déjà recensés, et c'est votre quartier qui complétera la carte.
Sources
- Rosa canina dans la flore de Coste, arbrisseau de 1 à 3 m à rameaux robustes, aiguillons forts, crochus ou arqués, dilatés à la base, feuilles à 5-7 folioles ovales ou elliptiques dentées, fleurs roses ou blanches solitaires ou en corymbes, fruit gros, presque toujours lisse, région de la plaine et des basses montagnes dans toute la France et en Corse, floraison de mai à juillet, Tela Botanica
- Rosier des chiens, arbuste de 1 à 5 m aux tiges arquées couvertes d'aiguillons crochus, 5 à 7 folioles dentées, fleurs de 4 à 5 cm à cinq pétales blanc rosé de mai à juillet, cynorhodon ellipsoïde rouge vers octobre, long de 1,5 à 2 cm, contenant les akènes, très commun partout jusqu'à 1 600 m dans les haies et les bois, héliophile, surnom de gratte-cul, fruits riches en vitamine C pour confitures, sirops, gelées et infusions, graines et poils internes très irritants pour la peau et les muqueuses, galle du bédégar, Wikipédia
- Cynorhodon, faux-fruit issu du réceptacle floral, les vrais fruits étant les akènes velus dont les poils, très irritants pour la peau et les muqueuses, forment le poil à gratter et doivent être retirés, maturité en octobre-novembre, consommé souvent après les premières gelées quand il est blet, confitures, gelées, sirops et tisanes, Wikipédia
- Tamier commun (Dioscorea communis), liane à tige grêle volubile, feuilles alternes luisantes en cœur et pointues, baies ovoïdes charnues rouge écarlate à 3 à 6 graines, bois clairs, haies et bordures de forêts partout en France, toute la plante toxique, toxiplante.fr, et dans la flore de Coste, plante volubile des haies, buissons et bois, feuilles en cœur luisantes, baie ovoïde arrondie, rouge, luisante, Tela Botanica
- Morelle douce-amère (Solanum dulcamara), plante grimpante sarmenteuse, feuilles alternes en cœur à la base, à 3 lobes inégaux au sommet de la tige, fleurs violettes, baies ovales rouges de 6 à 8 mm en petites grappes pendantes, haies, bois, fossés et bords de chemins, plante hautement toxique, fruits verts plus toxiques que les rouges, toxiplante.fr, et dans la flore de Coste, sous-arbrisseau sarmenteux de 1 à 2 m, fleurs violettes, baies ovoïdes rouges, Tela Botanica
- Aubépine monogyne, feuilles profondément découpées en 3 à 7 lobes dentés, rameaux terminés en épine, cenelle rouge brillant de 6 à 11 mm à un seul noyau, mûre entre septembre et octobre, Wikipédia